Images du 1er mai à Rennes

Vendredi dernier, c’était le premier mai, l’occasion pour moi de chausser mes baskets et aller photographier plein de gens véners dans la rue.

J’essaie de couvrir un maximum d’évènements politiques en photos. Déjà, ça permet de voir la lumière du soleil. Et puis c’est aussi une très bonne façon de faire le point sur où on en est dans sa technique.

Ben oui, c’est du photo-reportage, et ça demande de maîtriser parfaitement chaque aspect de la technique photo avant même de parler de composition ou d’aller chopper l’image au bon moment. Donc t’as intérêt à bien connaître ton boîtier et à vite réagir. Et puis, justement, faut aussi savoir rester alerte à son environnement. Je ne parle pas uniquement d’éviter les charges de CRS, mais concrètement de voir les personnes intéressantes (visages particuliers, personnel politique, action à venir, etc) et pouvoir anticiper leur mouvement pour les avoir au bon endroit, au bon moment, bien placé dans le cadre.

C’est littéralement ça le job, mais le trois-quarts des gens ne le font pas.

Et justement, ça fait pratiquer, c’est une occasion de voir des nouveaux visages, des nouvelles têtes, discuter avec des gens ou des collègues, ça sort un peu de l’aspect très solitaire de la pratique photographique.

Et vendredi dernier, j’ai pris deux de mes photos préférées depuis un moment.

C’est tout bête en fait. Mais je sais pas, il y a une simplicité, une immédiateté… C’est aussi le résultat de deux méthodes complètement différentes.

La première, j’ai été voir cette jeune femme et je lui ai dit clairement « excuse-moi, est-ce que je peux photographier ta ceinture avec le mousqueton, ça contient plein de trucs qui vont énerver les fachos ». Et je l’ai posée à la lumière, dirigée pour que tout soit éclairé et assez riches niveau contrastes… QUand j’avais l’oeil dans le viseur pour vérifier la compo, elle s’est soudain écriée « ben ouais, nique les fachos ! » et a fait un fuck. Ca marchait trop bien, et zou. Mais il fallait bien placer ledit fuck, finalement ça a été une vingtaine de prises.

La seconde, c’est tout le contraire. J’ai vu ces deux petits chats se tenir la main en marchant, j’ai été les voir et j’ai pris ma photo comme ça. Et elle était immédiatement bien. Le flash porté donne une spontanéité, une immédiateté, comme si on les voyait en soirée. C’est aussi quelque chose de très esthétique, ça appelle une DA un peu nostalgique, le flash porté c’est toujours le langage du souvenir.

Ces deux photos me touchent beaucoup, et je pense que c’est pas anodin que ce soit mon Premier mai le plus queer jamais photographié. C’est aussi des changements dans mon mode de vie, ma pratique photo. Tout ça. Vas y mets un commentaire pour que je remonte dans Google.

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